La politique monétaire


Nature et fomations des taux d'intérêts
Sur quel type de marché se déterminent les taux d'intérêt représentatifs ?
Selon les classiques (A. Marshall, K. Wicksell) : sur le marché des biens, par ajustement entre l'épargne et l'investissement. C'est la version la plus simple des fonds prêtables.
Selon la théorie de la préférence pour la liquidité, il se détermine sur la marché de la monnaie, par ajustement de l'offre et de la demande de monnaie
Version d'auteurs suédois (Ohlin, influencé par J. Hicks) : le taux d'intérêt se forme sur le marché des fonds prêtables, par ajustement entre offre et demande. Les fonds prêtables jettent une passerelle entre les classiques et Keynes.

Quels sont les composantes principales des taux d'intérêt nominaux ?
fin des années 1960, Gibson dissocie l'effet-liquidité (l'excès d'offre de monnaie fait baisser temporairement les taux à ct, l'effet revenu (l'activité économique influe sur le niveau des taux nominaux, via la demande de monnaie dépendant du revenu) et l'effet Fisher (les anticipations de hausse des prix s'ajoutent aux taux réels pour fournir les taux nominaux).
Il faut ajouter que les taux nominaux dépendent aussi largement des taux étrangers et des taux de change courants et anticipés.

Analyse de la structure par terme des taux d'intérêt
- la théorie des anticipations (I. Fisher, J. Hicks, F. Lutz) : c'est l'explication traditionnelle. Les taux courts futurs sont anticipés avec certitude et les capitaux sont parfaitement mobiles d'une échéance à l'autre, et les coûts de transaction sont nuls. Le taux à long terme ne dépend que du taux court actuel et du taux court anticipé.
- la théorie de la préférence pour la liquidité
Elle ne prend son sens que dans un monde différent de celui de la théorie des anticipations : le monde des erreurs d'anticipations et des risques en capital sur les actifs financiers, contrepartie de leur négociabilité avant leur échéance sur des marchés secondaires.
- les théories de la segmentation
Réaction institutionnaliste face à la théorie des anticipations (J. Culbertson) : chaque marché de capitaux représente une sorte "d'ilôt" relativement indépendant des autres marchés. La théorie s'en tient aujourd'hui à l'hypothèse de "l'habitat préféré" (Modigliani et Sutch) : compte tenu de l'échéance moyenne de ses ressources, chaque agent est spontanément incité à intervenir sur une portion de la courbe des taux d'intérêt. C'est le souci de limiter le risque de taux d'intérêt qui justifie le choix pour l'habitat préféré. Cette théorie est plus modérée que celle de la segmentation car elle admet la rationalité des sorties hors de l'habitat préféré, notamment du fait des primes de risque.

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