L'épistémologie économique

L’économie touche l’homme tous les jours mais ses approches sont discutées en tant que science.
1 Le progrès en science économique
Il résulte soit d’une analyse de l’apparition d’un phénomène nouveau, soit d’une remise en cause de l’analyse d’un phénomène déjà existant. Les théories sont cependant toujours plus ou moins liées à une idéologie, et donc biaisées.
2 La question de l’objet d’une science économique
- On suppose que l’environnement constitue un cadre fixe (les variables exogènes) tandis que les variables endogènes sont les facteurs économiques à la base des modèles. Pourtant, il semble impossible de dissocier “le fait social” (dont fait partie l’économie) en variables endogènes et exogènes.
- Difficile liaison entre macro et micro-économie
- L’observation des faits oblige à théoriser et à donc s’éloigner de la réalité afin d’agréger les phénomènes.
- La modélisation prend soit la forme de l’économétrie (modélisation d’un fait ponctuel sans chercher à l’expliquer) soit celle de la théorie économique (développement d’un raisonnement général pour expliquer un phénomène). La prise en compte du temps et de son rapport avec la connaissance des acteurs, et les liens de causalité directe entre deux variables (alors qu’en réalité il existe des influences réciproques multiples) et l’uniformisation de règles mathématiques sophistiquées (alors que chaque cas est particulier) rendent l’analyse économique peu utilisable.
- Le fait de retenir hypothèses, axiomes et principes détache de la réalité. Cependant, Von Mises s’inspire de Spinoza pour déclarer que le comportement humain est marqué par des principes simples (intuitifs et donc inutiles de démontrer). M. Friedman les justifie en disant que le rapport à la réalité est inutile pour la théorie (cf la physique qui emploie nombre d’hypothèses impossibles).
3 Les relations entre la science et la pratique
- La théorie sert de prévision et de vérification mais la jeunesse de la science et l’impact de l’évenementiel rendent les résultats très décevants. Il faut intégrer l’économie à une connaissance socio-politique des faits humains.
- La rationalité est tout d’abord une hypothèse de comportement. Les marginalistes n’envisagent que la norme et les résultats tandis que la théorie des jeux restaure l’idée de stratégie. La rationalité est aussi envisagée pour les entreprises avec la maximisation du profit, c.a.d comme un objectif. Kantorovitch (1963) applique à une philosophie marxiste la théorie des jeux et la programmation linéaire pour maximiser la production en tenant compte des caractéristiques des biens et des capacités des entreprises. Pareto envisage le premier une répartition optimale des biens à l’aide des goûts et de la satisfaction des sujets économiques. A partir d’une distribution initiale donnée, il existe un système de prix (l’équilibre du marché) qui maximise la satisfaction des agents. La théorie des jeux rajoute dans la particularité des comportements individuels les idées de coalition et de marchandage mais la rationalité obtenue ne rend pas parfaitement l’idée de justice sociale, KJ ARROW ayant par ailleurs démontré qu’il était impossible d’obtenir un concept agrégé cohérent de l’utilité collective.

Conclusion
L’économique est en avance sur les autres sciences sociales mais est en prise à de nombreux obstacles.
- La connaissance des fins économiques est la science d’un objet essentiellement changeant, les faits se définissant dans des contextes sociaux soumis aux aléas de l’histoire.
- Elle ne peut viser que des faits et non des évènements, ce qui limite sa capacité de prévision.
- Elle est inévitablement mélée à l’idéologie.

SciencesEconomiquesl.com - Tous droits réservés