Consommation et épargne


Consommation et épargne sont étudiées ensemble, au début des manuels d’économie. La quantitée demandée varie en fonction des prix : c’est la courbe de la demande. La courbe de demande d’un bien dont le prix est fixe selon le revenu d’un individu est la courbe d’Engel. A partir de la courbe de demande et de la courbe d’Engel, on déduit l’elasticité-prix et l’élasticité-revenu d’un bien. La justification de la courbe de la demande est la loi de la demande et celle de la courbe d’Engel, l’effet-revenu.
Ces deux lois empiriques ont été très dures à formaliser.
1 Comment expliquer les faits?
Je consomme ce que je peux (contrainte de buget) et je consomme ce que je veux (contrainte d’utilité marginale, inventée par J. BENTHAM et BERNOUILLI avant) sont deux formulations du comportement du consommateur à l’origine de la théorie des choix rationnels, formulée indépendamment et simultanément par Jevons, Menger et Walras en 1871.
La solution de ce modèle, auquel on rajoute des hypothèses d’indépendance des besoins etc.., détermine les fonctions de demande et les courbes d’Engel de chaque consommateur (l’équilibre du consommateur).
Le paradoxe de l’eau et des diamants : Smith s’étonne de voir les diamants, relativement inutiles, vendus à des prix exorbitants, et l’eau indispensable, être presque gratuite. Smith
2 La théorie générale des choix rationnels
Au terme d’un lent mouvement de généralisation, la théorie du choix rationnel s’est affranchie de ses premiers référents psychologiques. Edgeworth pose le premier la forme générale de la fonction d’utilité, Pareto (successeur de Walras à Lausanne) pose à son tour les principes de l’ordinalité et de l’integrabilité (qui permet d’abandonner l’utilité et son aspect psychologique) ce qui permet à E. SLUTSKY en 1915 d’abandonner tout référant psychologique et au cours des années 30-40 à HICKS &.SAMUELSON de proposer une démarche axiomatique ne requérant plus de fonction d’utilité.
On se rend compte que la loi de la demande (= pour vendre plus, il faut baisser son prix) est très robuste et n’a guère d’exceptions. Les axiomes de rationalité sont moins utilisables par la théorie du fait des effets-revenu négatifs pour les biens inférieurs et des relations de substitution et complémentarité entre les biens.
3 Comment appliquer la théorie?
• La théorie des choix rationnels est élégante et générale mais très difficile d’application.
Grande imprécision sur la définition des biens utiles. Mais ROBBINS, 1933 : arbitrage individuel entre la consommation de biens et services, et le loisir qui ne réclame que du temps. Ceci découle sur la théorie de l’offre de travail. Puis notion de biens contingents qui découle sur une théorie des choix risqués et des demandes d’assurance, des choix de portefeuille.
• La théorie des choix rationnels n’apporte qu’un éclairage très partiel aux relations de substitutions et de complémentarité entre biens et services alors que celles-ci jouent un grand rôle dans les décisions d’achat comme dans le marketing d’entreprise. K. LANCASTER (1966), point de départ de la nouvelle théorie des choix de consommation avec l’observation que dans les sociétés de consommation, le nombre des références en magasin est très largement supérieur au nombre des services que demandent les acheteurs. En fait, les vrais objets de choix ne sont pas les biens et services mis en vente sur le marché mais des besoins ou des services plus fondamentaux qu’on appréhende à travers les caractéristiques ou attributs des produits marchands.
Le but ultime des biens de consommation est de transformer les biens et services mis sur le marché pour sa propre consommation, le processus complet est qualifié de production domestique. G. BECKER est le meilleur spécialiste de la théorie de la production domestique (vers 1965). Deux conséquences importantes du coût du temps pour l’étude de la consommation :
- disparition de la loi du prix unique (le coût d’opportunité varie d’un consommateur à l’autre)
- l’expansion du travail féminin a bouleversé la consommation des ménages (effet-revenu = hausse du salaire du ménage, effets de substitution très forts) en modifiant rapidement les structures de consommation au détriment de l’alimentation et autres biens nécessaires et au profit des loisirs et autres biens de luxe. En outre les ménages ont vu s’élever le prix complet relatif des activités domestiques et des modes de consommation à forte intensité temporelle (réaction avec surgelés, fast-food, gardes d’enfants, qui permettent une économie de temps, moyens de transport rapides...).

• Le dilemne épargne / consommation totale est une introduction à la dynamique. En effet, en épargnant, désépargnant, prêtant, empruntant, je décide de transférer du pouvoir d’achat aux périodes les plus utiles, compte tenu des anticipations sur mon revenu disponible et sur mes besoins et compte tenu de mes préférences et des prix relatifs de la consommation et de l’épargne à des dates différentes. Les mouvements de la dépense totale se trouvent partiellement déconnectés de ceux du revenu disponible, et font l’objet d’une planification dynamique. L’incertitude inhérente au futur est très grande mais le consommateur achète un peu tout le temps et révise continuellement ses plans en fonction des informations reçues.

 

SciencesEconomiquesl.com - Tous droits réservés