Le calcul économique

Le calcul économique est le corps instrumental qui permet de mettre en application la science économique, elle-même définie comme la science qui étudie l’emploi de ressources rares pour satisfaire les besoins des hommes vivant en collectivité.
Nous nous intéressons ici au calcul économique public, qui connaît un fort développement. Il a apparu au milieu du 19ème s. avec J. DUPUIT (le surplus des consommateurs), mais le véritable essor n’est qu’après WW2, sous l’effet conjugué des progrès scientifiques (interpétation des prix en tant qu’indicateurs de rareté : M. ALLAIS, développement de l’économétrie et de la recherche opérationnelle) et des transformations économiques (nationalisations, mise en place du système de planification nationale).
Les instruments ont été forgés par des ingénieurs économistes : pierre massé, marcel boiteux, jacques lesourne, et présentés dans les années 1960.
L'admnistration a cherché à généraliser l'emploi du calcul économique par la rationalisation des choix budgétaires, en imitant ainsi le PPBS introduit au pentagone par le secrétaire d'état américain à la défense, Robert McNamara. C'est un échec, dont il faut tirer des leçons pour l'avenir. Il ne faut pas vouloir fournir un cadre d'ensemble (diversité des décisions et des besoins), ne pas se substituer au décideur en lui fournissant des conditions soi-disant scientifiques (problème de l'incertitude sur les paramètres d'entrée), considérer le calcul scientifique comme un éclairage partiel, concevoir une étude économique comme un dialogue et non comme un monologue, ne pas vouloir présenter la solution optimale mais plutôt un ensemble de solutions satisfaisantes.
Il ne faut cependant pas croire au déclin du calcul économique. Le calcul économique a pu se développer grâce aux nationalisations, de même l'environnement actuel (déréglementations ) et scientique (développement de l'économie industrielle avec pe la théorie des contrats et des incitations) sont des opportunités pour son retour en force.
Il est actuellement utilisé à edf et france telecom, adapté aux nouvelles contraintes (on passe de l'allocation des ressources dans un contexte de monopole reglementé à l'organisation industrielle dans un contexte de concurrence imparfaite et partiellement régulée.
Le calcul économique est souvent utilisé pour le choix d'investissements (gestion et valorisation d'équipements productifs avec VAN, amortissements réels, etc...) et pour la gestion d'un service public. Les besoins du calcul pour des entreprises publiques sont sensiblement différents (illustré par une étude de Marcel Boiteux pour edf) : rendements croissants, gestion des infrastructures complexes et en réseau (électrécité, télécom), biens publics (s'opposent aux biens privatifs car leur usage par certains ne prive pas leur usage par d'autres = défense nationale, l'air ambiant...), les externalités.
Malgré des variantes, le calcul économique comprend toujours trois notions clés : choix, marginalisme et décentralisation.
Le calcul économique s'enrichit de l'introduction de l'asymétrie d'informations, ce qui rend possible des comportements opportunistes (pe le phénomène d'aléa moral = une bonne productivité peut être cachée par un faible niveau d'effort). Il faut alors un système d'incitation de l'information qu'elle est seule à détenir, "sa rente informationnelle".
La théorie des incitations pénètre donc aujourd'hui le domaine de l'économie industrielle. Par exemple, une réglementation qui contrôle seulement les prix et pas les coûts évite l'aléa moral, mais ne réduit pas l'anti-sélection car l'entreprise conserve l'ensemble de sa rente d'information sur les coûts. Une réglementation qui promet à l'entreprise le remboursement de ses coûts produit exactement les effets inverses = elle capture la rente informationnelle de l'entreprise en l'obligeant à révéler ses coûts, mais ne l'incite pas à une gestion efficace. Tout mode de réglementation optimal entre ces deux extrêmes, en particulier le mode de réglementation optimal, représente un certain degré d'arbitrage entre anti-sélection, cad rente informationnelle laissée à l'entreprise, et aléa moral, cad niveau d'effort obtenu.

 

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